Crowdlending : la chute d’une plateforme soulève de nombreuses questions

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Unilend serait en cessation de paiement. De quoi laisser planer un doute sur le remboursement des prêts en cours et plus largement sur la viabilité de ce secteur d’activité.

Reuters

Pionnier du financement participatif, doté de 12 millions d’euros de capitaux propres depuis sa création en 2013, soutenu par des actionnaires réputés (dont BPI France)… Unilend affiche de belles références.

Pourtant, le spécialiste du prêt participatif serait en cessation de paiement. Cette information révélée hier par le site Crowdlending.fr a été confirmée ce jeudi par L’Agefi. Contacté ce matin par L’Argent & Vous, la société n’était pas joignable.

La situation serait même particulièrement critique car d’après Crowdlending.fr, aucun repreneur ne serait sur les rangs et Unilend s’orienterait vers une liquidation pure et simple.

Une telle issue serait à l’évidence un coup dur pour l’image du financement participatif, longtemps présenté comme un relais prometteur aux financements bancaires classiques. Les difficultés rencontrées par Unilend soulèvent donc de nombreuses questions.

Quid du remboursement des prêts en cours ?

Il resterait quelque 12 millions d’euros à rembourser au travers de la plateforme. Les emprunteurs honoreront-ils leurs échéances si Unilend disparaît ? L’inquiétude est légitime. Certes, la plateforme n’est qu’un intermédiaire entre le prêteur et l’emprunteur mais certains observateurs se demandent qui procèdera au recouvrement si un emprunteur tarde à rembourser sa dette.

Financement Participatif France a publié hier un communiqué pour rappeler les règles en vigueur et tenter de rassurer. L’association professionnelle a précisé que les flux ne sont pas gérés directement par la plateforme mais par un prestataire de service de paiement (PSP). Elle a aussi indiqué que chaque structure dispose obligatoirement d’un plan de gestion extinctive de son activité vérifié par le régulateur (ACPR).

Quel avenir pour le secteur ?

L’autre grande question soulevée par ce dossier concerne la viabilité du secteur. Initialement présenté comme un mode de financement d’avenir, le prêt participatif tarde à décoller. Au point que certains se demandent s’il a vraiment un avenir, en résumé s’il peut être rentable dans la durée.

Selon Crowdlending.fr, le secteur du prêt participatif a levé 121 millions d’euros en 2017, principalement au travers d’une dizaine de structures réellement actives.

Unilend a par exemple levé 7,35 millions d’euros. La société ne publie pas ses comptes. Mais au vu des commissions annoncées (4% des levées de fonds), cela donne moins de 300.000 euros de chiffre d’affaires. Difficile dans ces conditions de rentabiliser une société qui revendique 16 collaborateurs, même en ajoutant quelques recettes complémentaires (1% de commission sur les encours restant à rembourser).

Commentaires (3)
  • christophemarzena
    christophemarzenaposté le 18.10.2018 à 11:56

    Et oui, les margoulins sévissent dans ce domaine quasiment pas réglementé ...

  • Jose75
    Jose75posté le 18.10.2018 à 13:11

    Effectivement, et entretemps les epargnants continuent de se faire arnaquer par des plateformes du genre Lendopolis toujours en activité: projets fictifs, fausses informations aux prêteurs, manipulation des défauts,..Sous les yeux de l'AMF/ACPR qui laissent faire.
    Quelle entreprise sérieuse et en bonne santé va se financer par le crowdlending quand elle aura des conditions de financement bien meilleures chez sa banque? Ce genre de plateforme est devenu un paradis pour les escrocs.

  • sonyc91
    sonyc91posté le 19.10.2018 à 14:13

    Quels projets sont fictifs ? Quelles fausses informations ont été diffusées ?