Assurance vie : la remontée des rendements des fonds en euros est générale

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A date, tous les assureurs ayant communiqué les performances de leurs fonds en euros pour 2022 ont annoncé des taux en hausse.

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Après plusieurs années de vache maigre, la performance des fonds en euros de l’assurance vie a repris des couleurs. A date, la majorité des distributeurs ont communiqué les rendements de leurs supports au titre de l’année 2022, et tous, sans exception à ce stade, ont annoncé des performances en hausse.

Des progressions pour la plupart assez franches, souvent comprises entre 0,4 et 0,6 point, mais pour certaines supérieures à un point, qui portent pour la plupart les taux de base (c'est-à-dire sans bonification particulière) de ces fonds à 2% au moins, et pour les meilleurs, à 2,5%, voire 2,8% (Garance, de nouveau en tête cette année).

Une hausse attendue...

La remontée des rendements des fonds en euros de l’assurance vie était attendue : dans le contexte de la remontée des taux obligataires, les assureurs ont choyé les performances de leurs supports.

Le niveau de cette remontée, cependant, est une bonne surprise, plutôt supérieure aux anticipations. Alors que, selon les expertises, la moyenne du marché était située entre 1,10% et 1,30% au titre de l’année 2021, « il ne serait pas étonnant que cette moyenne dépasse les 2% », anticipe Stellane Cohen, présidente du courtier Altaprofits, qui distribue des contrats d’assurance vie Generali, Suravenir et SwissLife.

« C’est un consensus du marché, et c’est très vertueux pour les épargnants, se réjouit la présidente d’Altaprofits, car ce n’est pas parce que les taux des obligations d’Etat ont remonté que l’impact a été immédiat pour les fonds en euros. En raison de leur composition, et/ou de leur taille - les fonds les plus importants sont dotés de plusieurs dizaines de milliards d’euros – la répercussion de la hausse des taux prend beaucoup de temps. Les assureurs ont donc fait des efforts particuliers pour distribuer ces hausses de rendement. »

2%, la barre symbolique à atteindre ou dépasser

En d’autres termes, quand les portefeuilles de leurs fonds en euros ne permettaient pas de répercuter la hausse des taux de façon endogène (en remplaçant des obligations anciennes, arrivées à terme, par de nouvelles, plus rentables), les assureurs ont puisé dans leurs réserves (la "provision pour participation aux bénéfices", cette enveloppe obligatoire qui appartient aux assurés, et qui doit être abondée annuellement), et/ou rogné sur leurs frais de gestion pour atteindre, voire dépasser la barre des 2%.

Une barre symbolique, puisque celle-ci correspond au taux actuel du livret A, et sur laquelle le marché a voulu au moins s’aligner, et dans la mesure du possible la dépasser, alors que son rendement sera encore relevé à 3% en février, et sans doute davantage l'été prochain.

C'est ainsi que l’Afer, l’association d’épargnants en assurance vie la plus importante de France, a mis à contribution l’intégralité de sa réserve (assez récente puisque constituée il y a six ans) pour porter le rendement de son fonds en euros de 1,7% en 2021 à 2,01% cette année.

Des remontées franches de plus d'un point

En ce sens, la remontée de ces rendements est la plus spectaculaire pour les contrats dont les taux servis étaient sous la moyenne l’année dernière, et pour certains bien en-dessous : Milleis – qui a été le premier établissement à dévoiler son taux courant décembre – est ainsi passé de 0,95% à 2,15%, ou encore Predica, filiale de Crédit Agricole Assurances, qui signe les contrats de son réseau bancaire et de LCL, a appliqué une hausse de 106 points de base à l’ensemble de ses fonds. In fine, au moins une dizaine de contrats du marché, vont se placer parmi les meilleurs élèves cette année après avoir porté le bonnet d’âne les saisons précédentes.

Certes, tous les spécialistes des placements financiers le répètent à l’envi : comparer le livret A avec un produit d’assurance vie n’est pas pertinent. Le premier est 100% gratuit, idéal pour l’épargne de précaution, immédiatement disponible mais avec un plafond limité (22.950€) ; le second, sans limite de versements, est un investissement de long terme, qu’il est possible d’adapter en fonction de son profil (en prenant plus ou moins de risque), un support de retraite complémentaire et un excellent outil de transmission grâce à sa fiscalité attrayante.

Mais la notoriété populaire du livret A – placement qui a été particulièrement médiatisé cette année "grâce" à l’inflation – et la concurrence réelle qu’il représente pour les assureurs sur le segment des épargnants "modestes", et surtout des jeunes, ont de facto pesé, et de façon importante dans les décisions de revalorisation des assureurs.

Commentaires (2)
  • Utilisateur30802
    Utilisateur30802posté le 23.01.2023 à 08:11

    Pendant des années les assureurs ont confisqué la "provision pour participation aux bénéfices" alors que celle ci aurait du être activée justement pour soutenir les rendements.
    Coup de baguette magique, cette année on pioche allègrement dans le magot.
    Nous prendraient pour des blaireaux ?

  • cendu
    cenduposté le 20.01.2023 à 18:55

    La vraie raison est que les compagnies craignent que les gens retirent leurs fonds en euros pour les placer sur un livret A bientôt à 3% exonérés de CS (17,2%) et d'IR (12,8%).