Assurance-vie : la redistribution pointée du doigt par la CLCV

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L’association reproche aux assureurs un manque de transparence et d’équité concernant les rendements versés chaque année sur les fonds en euros.

Reuters

1,90% en 2017 contre 2,04% en 2016. Telle est l’évolution du rendement moyen des contrats d’assurance-vie analysés par la CLCV dans sa dernière enquête sur le secteur. Mais ce ne sont pas tant les chiffres que leur composition qui intéresse l’association.

Cette dernière se montre en effet assez critique sur la manière dont sont construits les rendements et elle détaille ses reproches point par point.

Frais

Les contrats ouverts à la commercialisation supportent moins de frais de versement (2,31%) que les contrats fermés (3,48%). Mais en contrepartie, l’association note qu’une bascule s’est opérée, les frais de gestion étant plus élevés pour les contrats ouverts (0,70%) que pour les contrats fermés (0,65%). Elle compte donc se montrer vigilante sur ces frais, plus pénalisants dans la durée.

Participation aux bénéfices

Les assureurs sont tenus de reverser aux assurés 85% des produits financiers générés par les placements. Mais une partie de ces gains peut être mise en réserve et redistribuée ultérieurement.

L’association a donc mis en place un indicateur pour mesurer le reversement immédiat. Il en ressort un taux de redistribution de seulement 71,29% pour la dernière année analysée.

La CLCV regrette le manque de communication sur ce point, l’assuré ne sachant pas où passe la différence (mise en réserve ?). Elle souhaiterait ici une plus grande clarté, l’assuré ne sachant pas toujours qu’en cas de rachat il peut passer à côté d’une partie de la performance.

Trop de différences dans un même établissement

Si des différences de redistribution existent entre compagnies, l’association en décèle aussi au sein des établissements. De fait, les sommes mises en réserves appartiennent collectivement aux assurés. L’assureur n’est donc pas contraint d’en reverser à chacun une part égale.

Ainsi, différents niveaux de redistribution peuvent être observés au sein d’un même établissement, par exemple pour favoriser un type de contrat.

Là encore, la CLCV formule un regret car « la disparition progressive des clauses bénéficiaires contractuelles laisse toute latitude aux assureurs dans la fixation de leur taux ».

Des demandes

L’association souhaiterait que les assureurs fassent preuve de plus de transparence dans la manière de fixer les rendements (elle note à cet égard que 58% des professionnels contactés pour l’étude ne lui ont pas répondu).

Elle les appelle également à redistribuer une plus grande part des bénéfices, les rendements des fonds en euros se rapprochant dangereusement de l’inflation.

Elle alerte enfin les épargnants sur la non-transférabilité des contrats et par conséquent la nécessité d’être vigilant sur les conditions offertes à la signature, en rappelant au passage que l’incitation actuelle à souscrire des unités de compte revient à transférer une plus grande part de risque de l’assureur au consommateur.

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