Assurance vie : la diversification vers les unités de comptes reste encouragée

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L’investissement en unités de compte a été une nouvelle fois mis en valeur lors des Assises de l’Afer...

Reuters

Les intervenants des Assises de l’Afer, plus grande association d’épargnants de France, étaient tous sur la même ligne la semaine dernière : l’investissement en unités de compte (UC) dans les contrats d’assurance vie est un palliatif à la diminution des rendements des fonds en euros. Autrement dit, il faut que les épargnants admettent un peu plus de risque dans leurs placements (avec les UC) et diminuent la part allouée au support sécurisé de l’assurance vie (ledit fonds en euros). Ce dernier représente encore environ 80% de l’encours total des contrats.

« Les fonds en euros n’ont pas vocation à avoir la place qu’ils ont aujourd’hui, a déclaré Lionel Corre, directeur des assurances au ministère de l’Economie et des Finances. La solution est de diversifier son épargne et la bonne nouvelle, c’est qu’on peut le faire avec l’assurance vie. » Un léger changement de ton par rapport à l’année dernière. Le président de l’Afer, Gérard Bekerman, s’était alors montré un peu moins enclin à suivre ce mouvement. Pas cette fois. Il faut dire qu’il devient maintenant beaucoup plus difficile de mettre en avant les fonds en euros pour leur performance, car ils subissent les taux bas.

Les taux décidés à la Banque centrale européenne (BCE) ont en effet des conséquences sur les taux d’intérêt des obligations, c’est-à-dire des emprunts d’entreprises ou d’Etat. Or, ils sont actuellement négatifs pour les bons du Trésor français ; l’emprunteur est en quelque sorte payé pour souscrire un prêt. Et comme les fonds en euros placent en très grande partie l’argent dans des obligations comme celles-ci qui coûtent cher, justement pour assurer la sécurité, leurs rendements diminuent au fil du renouvellement des obligations. Résultat : une rémunération de 1,46% pour les fonds en euros en moyenne en 2019 et de 1,85% pour celui de l’Afer – aucune annonce sur le taux 2020 n’a eu lieu lors des Assises.

Assouplir les règles de solvabilité

Gérard Bekerman a ainsi demandé à ce que les règles européennes, qui imposent de souscrire ces « bonnes » obligations en fonction de l’encours du fonds en euros, soient revues. Il a plaidé pour un « allègement des contraintes de solvabilité », car elles « contrarient l’épargnant ». L’idée, derrière tout cela, est de pouvoir aller chercher du rendement en permettant au fonds en euros d’avoir dans son portefeuille des actifs considérés comme plus risqués.

Pour proposer plus de performance, il mise aussi sur le fonds Afer eurocroissance (avec une garantie du capital à échéance de 10 ans minimum) qui représente 20% de l’encours total des supports de ce type. Mais également sur le private equity, l’investissement dans des sociétés non cotées, via des unités de compte.

Enfin, le président de l’Afer s’est inquiété des tentatives parlementaires de fiscaliser davantage la transmission de l’assurance-vie auprès de Laurent Saint-Martin (LREM), rapporteur général de la Commission des finances. « Nous n’augmenterons pas la fiscalité des ménages d’ici la fin du mandat, cela vaut pour les successions », a répondu le député.

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