Assurance vie : l'immobilier continue sa percée

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Les conseillers en gestion de patrimoine ont pris un peu plus de risques au 2e trimestre en matière d'assurance vie : la part investie en unités de compte a repris des couleurs, mais c'est avant tout la pierre papier qui en a profité.

La Centrale des SCPI

Alors qu’au premier trimestre, le contexte de volatilité des marchés financiers, la montée de l’inflation et les incertitudes relatives à la guerre en Ukraine avaient entraîné les investisseurs à se tourner davantage vers les fonds en euros, les investisseurs en assurance vie ont retrouvé de l’appétit pour les poches plus risquées des unités de compte, rapporte l’Observatoire du conseil financier indépendant de Nortia, établi à partir des données de plus de 1.2000 conseillers en gestion de patrimoine (CGP).

La collecte en unités de compte redevenue majoritaire

Selon cette enquête, et dans la tendance observée au niveau national, 59% de la collecte brute en assurance vie chez les CGP a été positionnée sur les unités de compte au 2e trimestre (contre 42% au 1er trimestre), revenant à des niveaux similaires observés à la fin de l’année dernière.

Malgré une situation économique toujours incertaine, et de façon assez surprenante, le regain d’intérêt des CGP pour les fonds euros au début de l’année aura été de courte durée. « Alors que le marché ne semble pas avoir retrouvé de stabilité et que les positions « risk-off » restent la norme pour de nombreux investisseurs, les CGP et leurs clients ont eu tendance à rechercher des solutions innovantes, protectrices voire défensives sans toutefois se positionner exclusivement sur le fonds en euros », rapporte Nortia.

Un signe, peut-être, que les investisseurs considèrent que les intempéries actuelles – inflation, volatilité, instabilité géopolitique – sont parties pour durer, et qu’ils doivent s’adapter pour trouver, à moyen terme, un niveau de rendement un peu plus ambitieux que celui toujours faible des fonds en euros.

Les supports immobiliers ont bondi au 2e trimestre

Si les inquiétudes liées à l’inflation et aux tensions géopolitiques n’ont donc pas empêché le retour majoritaire de la part des UC dans les versements, les supports choisis traduisent quand même une certaine prudence dans leurs choix d’investissement. L’immobilier, en particulier, considéré comme un bon support de sécurisation des portefeuilles, a encore gagné en attractivité. Les fonds immobiliers représentent la plus forte progression d’investissement de la collecte brute sur les UC, et la moitié des flux enregistrés.

« Les maisons de gestion spécialisées dans la pierre papier ont su lever les inquiétudes […] notamment grâce au mécanisme d’indexation des loyers et à la qualité du patrimoine sous-jacent qui mitigent les risques liés à l’inflation », analyse Manon Cosyn-Martin, ingénieure financière chez Nortia. La vaste majorité de la collecte a été réalisée sur les SC et les SCI, appréciées pour leurs frais d’entrée restreints (2% en moyenne), leur valorisation hebdomadaire et l’absence de pénalité de sortie anticipée sur les contrats d’assurance vie.

Des fonds actions délaissés

A l’inverse, les fonds actions ont fortement reculé, passant de près de 23% de la collecte en UC au 1er trimestre à moins de 9%. Sur ces supports, les investisseurs « ont boudé l’Europe » et ont privilégié la diversification géographique. Côté thématiques, les fonds à dimension environnementale et responsable se sont distingués via le sujet de la transition énergétique notamment.

Du côté des placements obligataires (2,6% de la collecte au T2, contre 4,7% au T1), « la situation évolue en demi-teinte », observe Nortia. « Les CGP privilégient les fonds indexés à l’inflation, ainsi que les fonds obligataires court terme pour s’exposer à une baisse des taux courts en cas de ralentissement économique ».

En matière de produits structurés, la tendance ressort stable depuis l’automne dernier, ces placements ayant représenté 8,9% de la collecte en UC sur la période avril-juin 2022.

Arbitrages : place à l'attentisme et aux supports "alternatifs"

Enfin, la prudence des investisseurs s’est également traduite en termes d’arbitrage. Sur l’encours des contrats d’assurance vie de Nortia (Nortia Life), la proportion arbitrée, à 3,2%, a légèrement reculé par rapport au T1 (3,8%). « Malgré des marchés actions et obligataires en repli depuis le début de l’année, les CGP estiment que les points d’entrée ne sont pas encore optimaux », relève-t-on chez Nortia.

Comme pour la collecte, en matière d’arbitrage, les supports immobiliers ont beaucoup attiré. Les investisseurs se sont aussi tournés vers les produits structurés, mais également les supports monétaires et le non coté.

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