"Le marché de l’art peut-il garder le cap ?"

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Arnaud Dubois, responsable du service Art de l’Institut du Patrimoine

Institut du Patrimoine

Les ventes aux enchères new-yorkaises de mai ont battu de nouveaux record avec des œuvres signées Roy Lichtenstein, Andy Warhol, Robert Rauschenberg, Cy Twombly, David Hockney, Rudolf Stingel et Gerhard Richter . Un tableau de Basquiat a été vendu pour 110,5 millions de dollars chez Sotheby’s et a pulvérisé son précédent record de 57,2 millions de dollars.

Mi-juin les exposants de la 48ème édition de la très prestigieuse foire d’Art Basel se sont dits très satisfaits et ont annoncé des ventes record.

Les ventes aux enchères londoniennes de Sotheby’s et Christie’s qui se tiennent traditionnellement fin juin ont conforté les excellents résultats de la saison.

Une bulle ?

Face à une telle agitation, les investisseurs s’interrogent : comment le marché de l’art peut-il garder le cap ?

La bulle du marché de l’art va bientôt éclater affirment ses pourfendeurs. Mais force est de constater que si tout le monde en parle celle-ci n’arrive jamais. L’accélération des transactions et l’accroissement des prix traduisent en réalité un comportement tout à fait rationnel des collectionneurs et investisseurs.

Des facteurs de soutien indéniables

D’abord nous assistons à un enrichissement global des populations à travers le monde. Les classes moyennes notamment asiatiques (en augmentation) et les grandes fortunes (plus nombreuses) réclament des œuvres d’art sur leurs murs qui crient famine.

Notons que le marché des artistes institutionnalisés propose le plus souvent une offre décroissante. Certaines œuvres sont détruites ou perdues avec le temps et celles qui rentrent dans les musées sont dites « gelées » pour le marché.

Conjointement à la baisse de l’offre s‘ajoute l’augmentation de la visibilité des œuvres alimentant les musées qui agissent malgré eux comme prescripteur de la valeur et promoteur du marché.

Les effets sont alors mécaniques, la demande augmente et les œuvres se raréfient, l’augmentation des prix est naturelle.

Un climat économique favorable

Enfin, le contexte macroéconomique global semble favorable au marché de l’art pour les années à venir. La baisse des taux directeurs, l’afflux massif de liquidité, les risques des marchés financiers conjugués à une hausse de la fiscalité immobilière, conduisent les investisseurs à thésauriser une trésorerie non rémunérée plutôt que de prendre des risques élevés avec un faible potentiel de gain.

Il n’est donc pas étonnant que les investisseurs se tournent vers un marché de l’art global apportant confiance, sécurité et croissance. Une tendance qui devrait se poursuivre et s’affirmer encore quelques années confirmant l’adage que les œuvres d’art agissent comme valeur refuge.

Arnaud Dubois

Le CV d'Arnaud Dubois

Responsable placements art moderne et contemporain, Institut du Patrimoine

Après plusieurs années passées au sein de prestigieuses galeries d’art contemporain et sociétés de ventes aux enchères internationales,  Arnaud Dubois est aujourd'hui responsable des placements en art moderne et contemporain au sein de l'Institut du Patrimoine. Conseiller en gestion de patrimoines artistiques, il répond aux différents besoins des particuliers et professionnels qui souhaitent se constituer un patrimoine artistique en vue d'une diversification patrimoniale

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