"Investir dans l'art est possible, mais c'est un métier"

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Arnaud Dubois, Directeur associé et responsable du service Art à l'Institut du Patrimoine

Institut du Patrimoine

La clé de voûte du marché de l'art repose essentiellement sur le marchand d’art. Ce dernier est un chef d'entreprise, preneur de risques, bailleur de fonds, organisateur et innovateur. La vision romantique qui entoure parfois ses protagonistes réside davantage dans la vision surannée et désuète d'un amateur d'une autre époque que dans les réunions d'associés de ces entreprises gérés comme des multinationales.Car ne nous trompons pas, l'art est un business animé par de complexes stratégies dans un but économique, ni plus, ni moins qu'aucune autre entreprise.

Investir sans se tromper, avec sa tête, pas avec son coeur

A l'occasion de la FIAC 2016, le marché de l'art attise les spéculations et les potentiels investisseurs - en mal de placement rentables - s’intéressent particulièrement à sa croissance à deux chiffres... Investir dans le marché de l'art n'est pas chose impossible...c'est d'ailleurs le quotidien des marchands. Le particulier qui souhaite arbitrer une partie de ses liquidités financières sur ce marché aura à coeur de mener une étude profonde de celui de l'artiste visé : étude des résultats de vente publique, places de marchés privilégiées, périodes sous valorisées, collectionneurs actifs, critiques d'arts influents, galeries promotrices et musées prescripteurs.

Une oeuvre historique d'un artiste historique est souvent un bon placement à condition d'avoir bien acheté. Rappelons que les petites Flowers de Warhol s'échangeaient aux environs de $ 20 000 il y a une quinzaine d'année. Aujourd’hui ces oeuvres se négocient à plus d'1/2 million de dollar. Cette croissance qui pourrait surprendre un non initié était prévisible des grands marchands d'art qui ont accumulés ces petits trésors pour des bouchées de pain. Un bon conseil n'est pas simplement donné en réaction du marché mais bien par anticipation.

La fiscalité du collectionneur

L'un des principaux atouts du particulier reste la fiscalité extrêmement attrayante dont il bénéficie. Là ou un professionnel du marché de l'art devra s'acquitter d'un impôt sur les sociétés et d'une TVA calculée sur la marge entre le prix d'acquisition et le prix de vente, le particulier pourra choisir entre le régime général de la fiscalité des valeurs mobilière, soit 34,5 % du bénéfice ou bien la taxe forfaitaire, soit 6,5 % du prix de vente de l'oeuvre.

Bon bilan pour la 43ème édition de la FIAC

La 43ème édition de la FIAC accueillait 189 exposants spécialisés en art contemporain. Malgré l'absence remarquée de clients venus d'outre atlantique sur la foire, les collectionneurs européens étaient bel et bien au rendez-vous annuel parisien. Cette édition fut une fois de plus un franc succès et confirme la grande résilience du marché de l'art français face à un contexte de crise internationale. Toutefois les transactions ont davantage eu lieu sur les oeuvres d'artistes confirmés de l'art contemporain comme Alexander Calder, Jean Dubuffet, Pierre Soulages ou Carl André. Les galeries "promotrices" ont quant à elles davantage souffert du manque de risques des collectionneurs qui ont préféré sécuriser leurs liquidités financières avec des valeurs confirmées plutôt que de se risquer sur des valeurs émergentes en cours de légitimation. Le marché de l'art contemporain continu sa croissance insolente mais se réajuste.

Arnaud Dubois

Le CV d'Arnaud Dubois

Responsable placements art moderne et contemporain, Institut du Patrimoine

Après plusieurs années passées au sein de prestigieuses galeries d’art contemporain et sociétés de ventes aux enchères internationales,  Arnaud Dubois est aujourd'hui responsable des placements en art moderne et contemporain au sein de l'Institut du Patrimoine. Conseiller en gestion de patrimoines artistiques, il répond aux différents besoins des particuliers et professionnels qui souhaitent se constituer un patrimoine artistique en vue d'une diversification patrimoniale

Commentaires (1)
  • AlgarottiArtTrading
    AlgarottiArtTradingposté le 27.10.2016 à 09:56

    L'art n'est pas un produit financier. Son marché est certes liquide, réactif, mondial mais il est aussi aléatoire et hors de contrôle. La fameuse et tant convoitée plus-value est un effet secondaire qui n'est jamais définitivement acquis et ne doit surtout pas être la principale motivation. Seuls l'investissement émotionnel et les avantages fiscaux peuvent être assurés. Bien entendu l'idéal est d'être conseillé voire coaché afin d'acquérir des pièces d'une qualité indéniable et faire de bonnes affaires car c'est une passion qui coûte cher. C'est une solution réservée aux amoureux de l'art.