Voitures anciennes : la rareté devient un critère essentiel !

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Dans un marché qui s’essouffle, les experts estiment que seuls les véhicules d’exception pourraient voir leurs prix grimper encore, y compris dans les marques les plus prestigieuses

Bonhams

18% par an. Telle est la progression moyenne qu’ont connu les prix des véhicules de collection de prestige entre la fin 2008 et la fin 2015. Certaines années ont même connu des envolées spectaculaires : +24% en 2014 par exemple pour Porsche et +62% en 2013 pour Ferrari.

Des hausses moins spectaculaires

Cette année en revanche, le soufflé est un peu retombé. La hausse des prix a en effet été bien plus modeste que par le passé. A fin novembre, le marché dans son ensemble ne progressait « que » de 8% selon l’indice Hagi et pour les Ferrari les prix n’affichaient qu’une hausse symbolique (+3,3%).

Certes, 2016 a permis d’inscrire un nouveau record mondial. En février dernier, une Ferrari 335 S Spider Scaglietti de 1957 a atteint les 32 millions d’euros dans une vente à Rétromobile. Du jamais vu.

Un marché qui se scinde en deux parties

Cet exemple est toutefois symptomatique du fossé qui est en train de se creuser sur ce marché. Depuis quelques mois, les experts évoquent en effet des tendances différentes entre le haut du panier et le reste du marché.

Seuls les modèles d’exception restent conservent une dynamique intéressante, à l’image de la Jaguar Type D de 1955 vendue pour près de 22 millions de dollars cet été. Ici, l’extrême rareté, le palmarès en compétition ou plus généralement l’historique du véhicule demeurent des arguments de poids. Le marché est en revanche plus tendu pour les autres voitures, y compris au sein de marques prestigieuses.

Ferrari ne fait pas exception à la règle. Pour Dietrich Hatlapa, fondateur d’Historic Auto Group, interrogé cette semaine par CNBC, « les Ferrari d’après 1970, à la production supérieure à 1.000 unités ont aujourd’hui moins de chances de voir leur prix s’apprécier que les modèles exceptionnels construits à la main entre les années 50 et le début des années 70 ». Une étude récente a d’ailleurs montré que ce sont bien les modèles des années 50 et 60 (toutes marques confondues) qui ont le plus la cote auprès des collectionneurs.

Attention à la remontée des taux

Aux yeux des experts, cette segmentation devrait rester de mise en 2017. Mais un autre élément sera aussi à prendre en compte, cette fois pour l’ensemble du marché.

La faiblesse des rendements offerts par les actifs financiers a probablement accru l’intérêt de nombreux acheteurs pour les véhicules anciens (comme pour l’ensemble des actifs dits «tangibles »). A l’inverse, une remontée des taux pourrait bien inciter certains investisseurs à sortir de ce marché pour retourner vers des produits redevenus attractifs. Autrement dit, une hausse des taux ne serait certainement pas favorable au marché des véhicules anciens.

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