Renégociation de prêt immo : l’UFC-Que Choisir pointe les abus des banques

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Délais de traitement rallongés, facturation de frais exagérés voire injustifiés… L’association demande aux pouvoirs publics d’agir pour stimuler réellement la concurrence

Boursier.com

Ces dernières années, la renégociation de crédits immobiliers a été à la mode avec la baisse des taux. Rien qu’en 2016, près de 45% de la production de prêts a été le fait de renégociations. Pourtant, en dépit des mesures prises pour faciliter les démarches, la renégociation peut prendre des airs de parcours du combattant.

C’est ce que dénonce l’UFC-Que Choisir dans une étude publiée ce jour. Depuis 2010, un tiers des litiges de crédit immobilier traités par l’association sont en rapport avec ce type d’opération.

Délais à rallonge

Pour l’association, certaines banques usent des pratiques visant à gagner du temps, sachant que le temps joue en leur faveur. Cela va des délais records  pour l’envoi des décomptes de remboursement (jusqu’à 11 mois) aux accords verbaux non respectés.

Parmi les établissements profitant le plus de la captivité des consommateurs, le Crédit immobilier de France concentre à lui seul 18% des litiges gérés par l’UFC-Que Choisir.

Mauvaise gestion des dossiers

Une fois l’accord obtenu, l’emprunteur n’en a pas forcément terminé avec les soucis. Dans 39% des cas de litiges, des clients font face à des « erreurs » de gestion : exonérations de frais non respectées, intérêts intercalaires élevés, facturations multiples pour une même prestation, pratiques douteuses obligeant l’emprunteur à souscrire des produits en échange de la renégociation…

L’indemnité de remboursement anticipé est un cas typique. Elle n’est pas due en cas de remboursement pour mobilité professionnelle ou perte d’emploi. Pourtant, 8% des litiges concernent des clients auxquels ces frais ont quand même été facturés.

Inflation galopante

L’UFC-Que Choisir dénonce enfin la hausse spectaculaire des frais annexes appliqués dans certaines situations. Selon l’analyse de 30 banques, les frais d’avenant pour renégociation ont par exemple enflé de 18% entre 2012 et 2017, atteignant en moyenne 1,34% du capital dû. Quant au montant minimal, il a bondi de 43% (de 361 euros à 516 euros) grimpant même à 1.500 euros à la Banque Populaire du Nord. Un frein à la renégociation pour les petits emprunteurs.

Le plancher de frais de dossier a pour sa part progressé de 24% à 323 euros sur la période.

Un appel aux pouvoirs publics

Fidèle à ses habitudes, l’association demande donc aux pouvoirs publics d’agir pour permettre une vraie concurrence.

Elle souhaite que la DGCCRF procède à des contrôles pour s’assurer que les établissements bancaires respectent leurs obligations légales.

Elle réclame aussi à Bercy un encadrement plus strict des pratiques, en particulier un plafonnement des frais de dossier et d’avenant.

Commentaires (1)
  • bob-watt
    bob-wattposté le 21.06.2017 à 13:35

    Voila pourquoi l'image de la Banque est très mal perçue par les usagers !!!!!

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