Les tensions sur les prix de l’immobilier ancien sont de retour à Paris

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Les promesses de ventes enregistrées par les études de notaires à la fin de l’été montrent une nouvelle augmentation des prix au mètre carré à 8 260 € pour Paris, un niveau qui revient d’ailleurs proche des records atteints il y a quelques années.

Reuters

Les dernières observations des notaires sur l’immobilier en région parisienne confirment l’apparition de tensions sur les prix dans l’ancien, phénomène nouveau lié bien sûr à l’augmentation des volumes de transactions, elle-même alimentée par la chute des taux des emprunts. Cette tendance a déjà été observée par les agents immobiliers dans d’autres grandes villes françaises. En ce qui concerne l’Ile-de-France, après 4 ans d’une baisse lente et progressive des prix, la tendance s’inverse donc cette année, la variation annuelle des prix étant redevenue positive à la fois pour les appartements et les maisons.

Paris tire la tendance

Comme souvent, c’est à Paris intra-muros que se font d’abord sentir ces tensions sur les prix avant qu’elles ne se diffusent vers la banlieue. Les promesses de ventes enregistrées par les études de notaires à la fin de l’été montrent ainsi une nouvelle augmentation des prix au mètre carré à 8 260 € pour Paris, un niveau qui revient d’ailleurs proche des records atteints il y a quelques années autour de 8 500 €. Sur un an, la hausse des prix à Paris serait désormais proche de +3%.

Les prix moyens dépasseraient désormais les 4 300 €  le m² pour les appartements en petite couronne avec 5 250 € dans les Hauts-de-Seine, le département le plus cher après Paris. Pour les maisons, les volumes de transactions sont proches des records avec des prix médians qui approchent les 300 000 € pour l’ensemble de l’Ile-de-France (+1,2% en variation annuelle). Dans les Hauts-de-Seine, les prix médians atteignent 562 000 €.

Le coin des records

Des transactions exceptionnelles continuent à s’observer. Marc Friedrich, notaire à Levallois-Perret, cite deux ventes récentes à plus de 30 000 € le m² pour un hôtel particulier dans le quartier Ecole Militaire ou pour un appartement à Odéon. Dans le 6ème arrondissement (le plus cher de Paris autour de 12 000 € en moyenne), il n’est pas rare de revoir des transactions à plus de 20 000 € le m² lorsqu’il s’agit d’un belle adresse, ajoute Thierry Delesalle, Président de la commission des statistiques immobilières de la Chambre des Notaires de Paris.

Davantage d’acheteurs

Si les prix remontent, c’est parce qu’il y a davantage d’acheteurs que de vendeurs, rappelle Thierry Delesalle. Un phénomène amplifié à Paris par la grande proportion d’habitants en location (deux tiers) qui restreint l’offre de biens à la vente.  «Le moteur est allumé depuis le mois le printemps 2015 et la légère remontée des taux qui avait déclenché un afflux d’acheteurs. Depuis, ce flot d’acquéreurs est ininterrompu, encouragé par l’aubaine de la baisse des taux. Le fait que les prix remontent apporte aussi une dimension psychologique, les acquéreurs se disant que les prix seront supérieurs à l’avenir», explique Thierry Delesalle.

Un marché d’utilisateurs

Thierry Delesalle insiste aussi sur le fait que l’immobilier en région parisienne reste un marché d’utilisateurs (les gens achètent pour se loger) avec beaucoup de secundo-accédants (achat-revente) sur Paris compte tenu des prix élevés qui restent difficilement abordables aux primo-accédants. Les notaires n’observent donc pas de transfert d’épargne qui pourrait alimenter une hausse des prix spéculative. En ce sens, la tendance est actuellement saine mais le fait qu’elle soit sous perfusion des taux doit alerter sur le fait qu’il manque le facteur confiance pour assurer la pérennité de ce mouvement.

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