Les taux d’intérêt immobiliers sous surveillance

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La période estivale étant traditionnellement assez calme pour la distribution de crédits immobiliers, c’est surtout à la rentrée que l’influence des taux longs pourrait se faire sentir...

Reuters

La tension s’est poursuivie cette semaine sur les marchés obligataires, en particulier en France où  le rendement de l’OAT 10 ans est monté à 1,33% ce mercredi, un nouveau plus haut depuis septembre 2014. Si la plupart des économistes pensent que la hausse des taux souverains ne durera pas en raison du programme de rachat de la BCE appelé à se poursuivre encore plus d’un an, ce renchérissement du refinancement des banques (l’OAT 10 ans était tombé jusqu’à 0,33% à la mi-avril) a commencé à être répercuté sur les taux d’intérêt des emprunts immobiliers.

Politique commerciale

Le courtier Vousfinancer.com estimait cette semaine qu’une douzaine de banques ont remonté leurs taux de crédit immobilier en juin, de 0,05 à 0,30 point selon les établissements. La hausse ne fait pas encore la tendance puisque dans le même temps, la majorité des banques ont maintenu leurs taux avec même quelques baisses résiduelles. Sur cette douzaine de banques, bon nombre sont d’ailleurs des caisses régionales qui appliquent la politique commerciale de leur enseigne.

Des banques débordées

Chez Meilleurtaux.com, on rappelle aussi que beaucoup d’établissements, submergés par la vague de renégociations et rachats de crédits depuis le début de l'année, ont accumulé du retard lors du mois de mai particulièrement riche en congés et ont besoin de réduire le flux entrant. «Les banques sont donc beaucoup plus sélectives sur les profils et n’hésitent pas à rendre moins compétitifs les barèmes d’une clientèle milieu de gamme», explique Maël Bernier, porte-parole de Meilleurtaux.com.

Avertissements

Reste que plusieurs courtiers notent que certaines banques les ont déjà prévenus qu’elles comptaient augmenter leurs barèmes dans les prochaines semaines. L’orientation des taux obligataires ces derniers jours pourrait donc en décider d’autres. La période estivale est traditionnellement assez calme pour la distribution de crédits immobiliers et c’est surtout à la rentrée que l’influence des taux longs pourrait se faire sentir.

Rendez-vous à la rentrée

D’ici là, un reflux de l’OAT 10 ans reste tout à fait envisageable, ce qui appelle à rester prudent sur les scénarios d’évolution des taux immobiliers. Et même si des hausses de 0,2% à 0,3% étaient appliquées d’ici la fin de l’année, le taux moyen sur 20 ans ne ferait que passer de 2,3% aujourd’hui à 2,5% ou 2,6%, soit encore nettement en-dessous des niveaux de l’été 2014 (3%) et du coût supporté par les emprunteurs en début d’année 2014 (3,5%).

Commentaires (1)
  • laurak
    laurakposté le 11.06.2015 à 10:29

    Les taux qui remontent, voilà une info qui ne va pas arranger les particuliers qui rencontraient déjà des difficultés à emprunter. Une étude intéressante de l'observatoire FPI (http://www.bacotec.com/index.php/nos-actualites/89-actualites/104-appartement-neuf-et-prix-de-l-immobilier-neuf-a-montpellier) montrait déjà que le marché immobilier se portait bien grâce notamment aux investisseurs. Une sortie de crise qui semble donc encore fragile.