Difficile d’imaginer l’avenir sans remontée des taux immobiliers

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Le courtier CAFPI envisage toujours une remontée des taux d’environ 0,5% dans les 6 mois à venir...

Maisons vertes LCA-FFB

Le courtier en prêts immobiliers CAFPI, leader du marché français avec une production 2016 de 8 milliards d’euros et une part de marché de 3,2%, envisage toujours une remontée des taux d’environ 0,5% dans les 6 mois à venir. « Le taux moyen sur 20 ans reviendrait ainsi sur les 2% cet été », prévient le Directeur Général Adjoint de Cafpi, Philippe Taboret. Aujourd’hui, malgré la légère remontée observée depuis les records de novembre 2016, le courtier parvient toujours à négocier des taux sur 20 ans autour de 1,65% en moyenne avec des offres descendant jusqu’à 1% pour les meilleurs profils.

Les marges des banques

« Les banques continuent de profiter de la politique de la Banque Centrale Européenne et disposent donc de liquidités gratuites. Les banques sont prêteuses et cette situation leur permet d’augmenter les taux moins vite que la progression des taux obligataires (OAT) car elles se doivent de rester attractives pour conquérir des clients dans le contexte concurrentiel exacerbé par l’essor des banques en ligne et la loi Macron favorisant le changement de banque », analyse Philippe Taboret

Mais les marges des banques s’en trouvent réduites, ce qui rend la situation actuelle peu pérenne et accrédite les prévisions de remontée des taux de CAFPI. Une tendance haussière qui n’est pas prête de s’arrêter selon Philippe Taboret, d’autant qu’un changement de politique monétaire de la BCE en cas de retour de l’inflation pourrait avoir un impact brutal sur le taux. En 2018, ce n’est pas 2% mais 3% ou davantage qui peuvent ainsi être imaginés, avec cette fois un impact baissier à attendre sur les prix de l’immobilier.

Rachats de crédits en baisse

Pour revenir à la production de crédits immobiliers, CAFPI envisage cette année une baisse des volumes au deuxième semestre avec une période flottement consécutive à l’élection présidentielle. Au total, la production de crédits immobiliers se tasserait à 200 milliards d’euros après 251 milliards en 2016. La part des nouveaux emprunts se maintiendrait autour de 140 milliards mais c’est l’enveloppe des rachats de crédits qui diminuerait fortement, de 113 milliards en 2016 à seulement 60 milliards cette année. Dopés par la baisse des taux, la part des rachats de crédit a en effet représenté jusqu’à la moitié de l’activité des courtiers l’an dernier mais elle est retombée aujourd’hui autour de 20%.

Pistes de réflexion

Quant aux enjeux électoraux, CAFPI rappelle que deux leviers sont incontournables pour favoriser l’accès au logement des Français. D’une part, il faut intensifier l’effort de construction, seule variable capable de modérer les prix en jouant sur l’offre (les pistes sont ici de poursuivre l’effet de simplification des normes de construction et de libération du foncier). D’autre part, il faudrait réduire les droits de mutation qui représentent aujourd’hui 8% du prix d’achat d'un logement ancien, soit le deuxième taux le plus élevé en Europe derrière la Belgique. Ces droits de mutation sont également un frein à la mobilité dans le logement et donc dans l’emploi. Or, peu de candidats à l’élection présidentielle ont véritablement abordé ce sujet…

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Immobilier
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