"Les 3 règles pour bien gérer son patrimoine en 2017"

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Stephan Chenderoff, associé chez Cyrus Conseil

Cyrus conseil

En 2017, bien gérer son patrimoine impose un changement d’attitude pour les épargnants : en effet, l’environnement est quelque peu anxiogène. Les élections françaises vont rythmer le premier semestre et n’ont jamais été aussi ouvertes et incertaines. Le nouveau président américain fait peser beaucoup d’incertitudes sur la première place financière mondiale. Enfin, les taux de rendement de l’argent sans risque n’ont jamais été aussi bas, sans oublier le questionnement que fait peser la Loi Sapin II sur la liquidité du placement préféré des français, l’assurance vie.

Pour autant faut-il plonger dans la morosité, voire le pessimisme, qui sont toujours de mauvais conseiller pour la gestion d’actifs ? Le repli sur soi n’est jamais une bonne stratégie.

Le risque est toujours source d’opportunités. Et pour gagner, il faut que l’on apprenne à prendre des risques et à accepter une baisse temporaire pendant la durée du placement. L’environnement nous contraint  à sortir de la zone de confort dans laquelle nous avons vécu pendant 20 ans : le patrimoine est désormais piloté par le tryptique rendement / risque / disponibilité.

1. De la recherche du rendement pur à la gestion « en mode projet »

La question n’est plus de rechercher un rendement global de vos actifs de 3%, 5% ou 8% dans l’année. Face aux incertitudes du moment, cet objectif est objectivement difficile à atteindre avec une stratégie simple et certaine. Il est préférable de revenir aux fondamentaux d’un patrimoine et se posez la question du « pourquoi ? ».

L’accumulation d’actifs n’est jamais une fin en soi : vos investissements répondent à des choix de vie que vous adoptez ou que vous poursuivez. Quand la globalité n’est pas maîtrisable, il faut revenir sur chaque projet et réfléchir à la meilleure stratégie pour y répondre. Vous souhaitez préparer votre retraite, vous avez besoin de revenus, immédiats ou différés, vous voulez vous constituer un patrimoine, vous voulez transmettre à vos enfants…A chaque objectif est attachée une stratégie propre qui sera ajustée en fonction des aléas de l’environnement et de la performance nécessaire à la réalisation de ce projet.

Avec cette approche plus complexe que la gestion d’un simple fond en euros, le besoin d’être accompagné n’a jamais été aussi nécessaire. La démarche doit être structurée : partir d’un audit de votre situation actuelle, valider vos objectifs selon différents horizons de temps, étudier plusieurs préconisations pour répondre à ces objectifs, avant de choisir le ou les placements les plus adaptés à votre situation, le tout dans des enveloppes juridiques et fiscales optimisées.

2. La gestion du risque par la diversification

La diversité est un mot tendance en gestion de patrimoine aussi ! Il convient de diversifier les classes d’actifs (ne pas mettre tous les œufs dans le même panier), mais aussi les actifs de chaque classe, enfin les opérateurs qui interviennent sur chaque marché en essayant de sélectionner les meilleurs produits des meilleurs acteurs.

La liquidité, indispensable mais qui doit être limitée au besoin réel qu’il convient d’estimer avec l’aide de l’étude patrimoniale.

L’immobilier, avec les biens de jouissance (résidence principale et secondaire) qui correspondent à des choix personnels et familiaux ; avec l’immobilier de rendement, composante importante (locatif avec incitation fiscale) ; avec l’immobilier professionnel, rendu accessible pour le particulier à travers des « clubs deals »; et enfin avec la pierre papier qui permet de profiter de la diversité des investisseurs professionnels (SCPI, OPCI…) basés en France et en Europe, sans souci de gestion.

Les fonds euros, toujours utiles dans une allocation, en les diversifiant sur plusieurs compagnies et types de fonds (entre 30 et 50% d’une allocation financière).

Les produits structurés, qui offrent un bon compromis du couple rendement/risque, pertinent dans une allocation d’actifs (entre 15 à 20 %).

Les obligations et les actions, qui restent la base d’une allocation moyen / long terme à travers des contrats d’assurance vie, avec une gestion déléguée ou un mandat de gestion.

Le non-côté, qui est une classe d’actifs à part entière et qui permet d’investir dans l’économie réelle.

Les investissements « passion », qui donnent du sens à votre patrimoine en fonction de vos centres d’intérêt.

3. Le temps au service de la liquidité

C’est peut être une rengaine, mais on ne gère pas à 30, 50 ou à 70 ans son patrimoine de la même manière. Se projeter est indispensable pour respecter les cycles de la vie. Quand faut-il commencer à préparer sa retraite ? Quand faut-il commencer à transmettre ?

Aujourd’hui, la question de la liquidité se pose pour beaucoup d’épargnants face aux aléas de la vie. Il est indispensable de calculer le besoin potentiel de trésorerie à court terme dont  vous pouvez avoir besoin : 1 an, 3 ans, 10 ans de revenus ? Chacun peut estimer sa zone de sécurité et doit alors placer le montant sans chercher de rendement particulier car là n’est pas la question : la protection du capital est ici primordiale et le fond en euros des contrats d’assurance vie y répond parfaitement.

Ensuite, selon l’horizon temps, il est indispensable d’accepter une illiquidité plus ou moins importante selon l’actif choisi pour obtenir un rendement qui va permettre de protéger et valoriser votre patrimoine dans le temps. Là encore, pas d’improvisation, la connaissance de chaque classe d’actifs est nécessaire pour analyser la disponibilité espérée en fonction de vos objectifs. Si vous avez 8 ans ou 20 ans pour préparer votre retraite, la solution ne peut pas être la même !

Quant à la loi Sapin II, elle ne doit pas constituer un risque mais elle est une sécurité en cas de situation exceptionnelle de crise du secteur financier. Elle fait partie du tryptique et des ingrédients d’une bonne gestion patrimoniale en 2017.

Stephan Chenderoff

Le CV de Stephan Chenderoff

Associé, Cyrus conseil

Stéphan Chenderoff débute sa carrière dans l’assurance (Groupe Victoire puis groupe GAN/CIC). A partir de 1990, Il crée et développe un département de bancassurance spécialisé dans la transmission d’entreprise au sein du groupe GAN-CIC avant de s’occuper des grands comptes et de la relation avec les Experts Comptables. Il rejoint Cyrus Conseil en 2001. Il se spécialise dans l’optimisation d’opérations de cession et de transmission d’entreprise. Il est aujourd’hui directeur de la communication du groupe

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