Rentes viagères : qu’est-ce que le taux technique ?

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Peu de Français maîtrisent cette notion pourtant essentielle dans le calcul d’une rente et de sa revalorisation future. Décryptage…

Reuters

Lorsqu’un épargnant souhaite mettre en place un mécanisme de rente viagère auprès d’un assureur, il doit faire face à un jargon complexe.

Parmi les termes employés, le « taux de conversion » ou « taux de rente » est généralement bien assimilé. Il mesure en effet le rapport entre la première rente et le capital de départ. Par exemple, un taux de conversion de 4% permet d’obtenir une rente initiale de 4.000 euros par an pour un capital engagé de 100.000 euros.

En revanche, les épargnants sont souvent moins à l’aise avec le « taux technique ». Pourtant son importance est capitale. Quand il s’apprête à payer une rente viagère en échange de l’encaissement d’un capital, l’assureur sait qu’il va placer ce capital et générer du rendement. Ce rendement va progressivement gonfler le capital et permettre d’améliorer la rente.

Un minimum de revalorisation garanti

Du point de vue de l’assureur, le taux technique correspond donc au taux d’actualisation utilisé pour déterminer la rente, autrement dit le taux auquel il pense pouvoir placer le capital engagé par le bénéficiaire de la rente.

Si l’on se place en revanche du côté de celui qui perçoit la rente, on peut dire que le taux technique équivaut à une promesse de revalorisation de la rente dans le temps (un minimum garanti). Et comme l’assureur s’engage sur un niveau de revalorisation minimal, il peut donner cette revalorisation par anticipation.

Une rente de départ plus généreuse

Concrètement, cela signifie donc qu’avec un taux technique élevé, la rente de départ sera plus importante. Prenons l’exemple d’une personne ayant 100.000 euros à verser et une espérance de vie de 20 ans. Avec un taux technique égal à zéro, un assureur s’engagera à payer une rente viagère de 5.000 euros la première année (100.000/20). Avec un taux technique de 2%, la première rente sera en revanche de 6.116 euros.

A première vue, mieux vaut donc avoir un taux technique élevé. Mais tenir un tel raisonnement serait simpliste. D’abord parce que les taux techniques sont encadrés afin de ne pas mettre en péril les assureurs (actuellement ils sont proches de 0). Ensuite parce qu’un taux technique généreux laisse peu de place à des revalorisations ultérieures.

Taux technique et revalorisation

Chaque année, l’assureur redistribue une partie des performances de ses placements aux assurés. Il calcule pour cela un taux de distribution (par exemple 2,5%). Les rentes viagères sont alors revalorisées dans les mêmes proportions.

Toutefois, comme le taux technique est un engagement de revalorisation par anticipation, la revalorisation réelle de la rente correspond à la différence entre le taux de distribution et le taux technique. Avec 2,5% de distribution et 2% de taux technique, une rente n’est donc pas revalorisée de 2,5% mais de 0,5%.

Que choisir ?

Entre un taux technique nul et un taux technique élevé, la logique n’est donc pas la même. Sans taux technique, les rentes de départ sont plus faibles mais les revalorisations annuelles plus généreuses. Cela peut être intéressant pour les personnes qui craignent de devoir faire face à des dépenses plus lourdes en fin de vie (dépendance).

A l’inverse, un fort taux technique assure des rentes solides au départ au détriment des revalorisations futures. Une solution adaptée à ceux qui considèrent que « ce qui est pris est pris »…

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