Epargne : les Français n’ont pas voulu s’engager durant la campagne électorale

Tendance Analyse 0

Depuis le début de l’année, ils ont privilégié les supports liquides tels les livrets et délaissé les produits de moyen-long terme comme l’assurance-vie.

Creative Commons / Ken Teegardin

La campagne électorale de 2017 aura marqué les esprits. Alors que le premier tour a été indécis jusqu’au dernier moment, les incertitudes et les craintes des Français ont d’ailleurs eu un impact évident sur les comportements d’épargne.

12 milliards d’euros sur les livrets

Boudés l’an passé en raison de leur faible rémunération, le Livret A et le LDD ont retrouvé les faveurs des Français. Sur le premier trimestre, ils ont attiré 6,9 milliards d’euros d’argent frais. Les épargnants ont donc clairement fait le choix de garder leur épargne disponible, quitte à faire des sacrifices sur le rendement.

Dans ce contexte même les livrets bancaires ordinaires ont tiré leur épingle du jeu. En dépit de taux souvent inférieurs à celui du Livret A (d’autant plus qu’ils sont fiscalisés), les livrets « ordinaires » ont collecté quelque 5 milliards d’euros sur les seuls mois de janvier et février (les statistiques de mars n’ont pas encore été publiées par la Banque de France).

L’assurance-vie à la peine

Face à ces presque 12 milliards d’euros engrangés par des produits totalement liquides, les supports plus engageants ont fait pâle figure.

Très en vue ces dernières années, le PEL a dû se contenter de 2 milliards d’euros de collecte en janvier-février. Quant à l’assurance-vie, son compteur n’a pas dépassé le milliard d’euros sur le premier trimestre.

Bien sûr des facteurs spécifiques peuvent expliquer ces difficultés, comme la baisse à 1% du taux des nouveaux PEL depuis l’an passé. Ceci étant, il est difficile de ne pas voir un lien entre l’attentisme évident des épargnants et l’élection présidentielle.

Des doutes sur les programmes

Certains ont très probablement craint pour leur épargne en cas de victoire de Marine Le Pen et de sortie de l’euro. D’autres ont peut-être été perturbés par le prélèvement forfaitaire sur les revenus du patrimoine voulu par Emmanuel Macron (et François Fillon) ainsi que par son application ou non à l’assurance-vie.

Pour redonner confiance aux épargnants, le vainqueur de deuxième tour devra donc clarifier au plus vite ses intentions en matière d’épargne et de fiscalité.

Commentaires