Assurance-vie : diversifier son contrat sans prendre de risque devient difficile

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En principe, un épargnant peut miser sur des supports à risque tout en sécurisant à terme son capital de départ. Mais avec des taux au plancher, cela apparaît de plus en plus compliqué

Reuters

Peut-on dynamiser son assurance-vie sans mettre en péril son capital de départ ? Sur le papier, cette stratégie est parfaitement applicable. S’il connaît dès le départ son horizon de placement, un épargnant peut en effet n’engager qu’une fraction de son capital sur des supports sécurisés (des fonds en euros) et placer le reste sur des supports plus « offensifs ».

Imaginons qu’on puisse s’assurer un rendement sans risque de 2,5% sur 8 ans. Il suffit alors de placer 82,07% de son épargne à ce taux pour être certain de retrouver l’intégralité de sa mise au bout de 8 ans. Le reste (soit 17,93% du capital) peut donc être engagé sur des actifs plus dynamiques dans l’optique de « booster » les performances de son contrat (voir tableau en bas de page).

Des taux trop faibles

C’est sur ce principe qu’ont été bâtis les contrats dits « euro-croissance ». Reste que cette stratégie nécessite d’avoir un horizon assez long et surtout des taux sans risque suffisamment élevés. Or, actuellement, les taux sont au plancher, rendant beaucoup moins évidente la diversification sans prise de risque.

En 2016, les fonds en euros devraient servir en moyenne 1,95% et l’avenir pourrait être encore plus sombre. En envisageant un taux sans risque de 1,5%, il faudrait isoler 92,8% de ses fonds sur 5 ans ou 88,8% sur 8 ans pour avoir l’assurance de retrouver sa mise. Les possibilités de diversification se révèleraient dès lors très minces.

Avec un taux sécurisé de 1% (ce qui ne semble pas insensé dans la durée), la poche de diversification tomberait même à 7,65% à un horizon de 8 ans… Rappelons également que les prélèvements sont ponctionnés d’année en année sur les fonds en euros. Autrement dit, pour avoir un taux net de 1% (susceptible de sécuriser le capital de départ), il faudrait en fait obtenir 1,18% brut.

Un surplus de performance peu attractif

Reprenons cet exemple en supposant que la part diversifiée (7,65% du capital) rapporte 6% bruts chaque année. Au bout de 8 ans, le gain total offert par le contrat (net de prélèvement) serait de seulement 11,5%... Cela correspondrait à un rendement annuel moyen de 1,37%, finalement peu éloigné du taux sans risque retenu comme hypothèse (1% net de prélèvements), compte tenu de la stratégie à mettre en place.

Ces chiffres prouvent qu’il est aujourd’hui impossible de dégager du rendement sans mettre en risque au moins une partie de son capital (d’autant plus si l’horizon de placement est inférieur aux 8 ans généralement retenus pour l’assurance-vie). C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les « euro-croissance » peinent actuellement à décoller

Part du portefeuille ouverte à la diversification si l'on veut sécuriser son capital à terme (le reste étant placé sans risque)
L'Argent & Vous
Taux sans risque net de prélèvements sociaux
1%1,5%2%2,5%
Sur 5 ans4,85%7,17%9,43%11,61%
Sur 6 ans5,80%8,55%11,20%13,77%
Sur 7 ans6,73%9,90%12,94%15,87%
Sur 8 ans7,65%11,23%14,65%17,93%
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