Actions : la gestion active est-elle vraiment plus performante ?

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Les données des trois dernières années tendent à montrer que les ETF font aussi bien que les fonds classiques. De quoi conforter le succès des produits indiciels.

Reuters

En matière de gestion, deux camps s’affrontent. D’un côté, il y a les défenseurs de la gestion active. De l’autre se trouvent les partisans de la gestion passive.

Deux philosophies

La gestion passive consiste à répliquer la composition et donc la performance d’un indice, c’est-à-dire d’un marché. Elle a pour cela recours à des fonds indiciels (ou ETF).

La gestion active fait quant à elle le pari de s’écarter de l’indice de référence, partant du principe que le marché n’est pas parfaitement efficient et que les convictions du gérant peuvent laisser espérer des performances plus soutenues.

Un surcoût justifié ?

Evidemment, la gestion active a un coût. Les frais peuvent grimper autour de 1,5% par an, voire 2%, alors qu’avec des ETF ils se limitent à environ 0,1%. Ce surplus est-il justifié ? Les données de la Banque de France montrent par exemple qu’en 2015 les fonds indiciels actions ont dû se contenter d’une performance de 5,7%, contre un gain moyen de 10% pour l’ensemble de la gestion actions. On peut donc en déduire que la gestion active a été payante en 2015. Mais qu’en est-il dans la durée ?

Sur des périodes plus longues, les résultats sont moins flatteurs pour la gestion active. En regardant les chiffres disponibles auprès de la Banque de France, il apparaît qu’entre fin 2013 et fin 2016, le bilan de la  gestion actions est de +21,75%, soit 6,8% de performance annuelle moyenne. La gestion passive a fait légèrement mieux sur la même période (+22,82%, soit 7,1% par an).

En regardant cette fois les données entre juin 2014 et juin 2016, la tendance s’inverse avec +23,69% pour la gestion actions et +22,49% pour la gestion passive. Ceci étant, l'écart reste faible.

La gestion passive progresse

Bien entendu, il serait intéressant de faire la même analyse sur des périodes différentes ou plus longues pour établir des conclusions fiables. Mais ces données sur 3 ans apportent déjà du crédit aux propos d’un spécialiste de la gestion selon lequel « dans la durée, la gestion active a peu de chances de faire mieux que le marché ».

Cela peut expliquer le succès actuel des ETF. A la fin du mois de mai, ils captaient 19% des encours de la gestion actions en France contre environ 12% quatre ans plus tôt.

Une gestion vraiment active?

La gestion présentée comme active mise-t-elle toujours sur les convictions d’un gérant ? Une étude publiée l’an passé par MorningStar incite à la prudence. Elle conclut en effet qu’en France 19% des étudiés sont très proches de leur indice de référence. Cela ne nuit pas forcément à la performance. Mais on peut se demander si certains épargnants ne paient pas une gestion passive au prix d’une gestion active.

Commentaires (3)
  • Michel First
    Michel Firstposté le 26.08.2017 à 01:55

    La banque d'affaire privée vous harcele avec sa performances du moment.Mais combien a t'elle de fonds?Et combien sont positifs?Et oui,ceux qui on de mauvaises performances,on vous les cache!Faites comme eux,créer une centaine de portefeuille,et je vous pari que sur le tas,il y en aura un qui superformera le marché!

  • Michel First
    Michel Firstposté le 26.08.2017 à 01:50

    Je vous dis tout de suite vendez vos fonds et achetez des trackers (ETF),vous arrêterez de payer des frais d'entrées,de gestion et de sortie.On vous arnaque,tout ca pour des gens en costard cravate qui se la pètent, et quand vous tester leur connaissances financières,il y a un grand blanc...

  • arthur smith
    arthur smithposté le 18.08.2017 à 16:01

    "dans la durée, la gestion active a peu de chances de faire mieux que le marché" ? C'est statistiquement vrai, puisque peu de gérants "actifs" font mieux que le marché sur longue période. Pourtant, il n'est pas difficile de trouver des gestions actives qui font mieux que le marché sur 3, 5, 10 ou même 20 ans. il faut simplement être sélectif.