PEA-PME : retour sur un semi-échec de l’année 2014

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En dépit d’un univers relativement large et de conditions fiscales avantageuses, le nouveau support d’épargne n’a pas attiré les foules depuis son lancement en mars. Explications...

Reuters

Le PEA-PME aura sans conteste été une déception de l’année 2014. Né en janvier mais lancé officiellement le 5 mars dernier, il n’a pas réussi à prendre son envol sur les 10 mois écoulés.

Certes, l’objectif de 80.000 comptes ouverts a bien été atteint dès le mois de septembre. Les fonds éligibles disposaient quant à eux de près de 1,4 milliard d’euros d’encours à fin décembre, selon Arkeon Finance.

Une faible collecte

Seulement, beaucoup de ces fonds existaient avant même le lancement du PEA-PME et se sont simplement convertis. Résultat, Arkeon Finance estime la collecte nette depuis le 5 mars à seulement 210 millions d’euros.

Quant aux comptes ouverts, ils n’avaient lors de notre dernière estimation que 4.000 à 5.000 euros d’encours en moyenne... Loin du plafond autorisé de 75.000 euros. Beaucoup d’épargnants semblent donc avoir ouvert un compte avant tout pour prendre date.

Des atouts indéniables

Le PEA-PME ne manque pourtant pas d’atouts. Le premier concerne son régime fiscal, calqué sur celui du PEA, avec une exonération d’impôt au bout de 5 ans. Son univers s’est aussi progressivement élargi avec au dernier pointage 60 fonds et 306 actions éligibles.

Les valeurs moyennes concernées affichent de surcroît des performances meilleures que celles des grandes capitalisations. Depuis le 5 mars, l’indice EnterNext PEA PME 150 surperforme le CAC 40 de près de 3 points.

Des améliorations nécessaires

Mais dans un marché mal orienté (l’EnterNext PEA PME 150 a tout de même perdu 3,7% en 10 mois), cela n’a pas suffi. Les raisons mises en avant ont été nombreuses, du manque de promotion par les banques au cadre réglementaire en passant par les hésitations initiales de Bercy et le positionnement très pointu du produit (ceux dont le PEA n’est pas au plafond peuvent en effet se passer du PEA-PME, à l’univers plus restrictif).

Pour donner un nouvel élan au PEA-PME, Euronext a lancé en novembre l’indice EnterNext CAC PME 150, l’indice CAC PME utilisé jusqu’alors étant jugé peu représentatif avec une surpondération marquée des biotechs.

Mais pour les professionnels, là n’est pas l’essentiel. Pour débloquer la situation, ils préconisent plutôt d’ouvrir plus nettement le champ du PEA-PME à l’obligataire. Actuellement, les fonds doivent investir au moins à 75% dans des titres de sociétés éligibles, avec un seuil de 50% en actions. Faire sauter ce verrou et permettre ainsi aux sociétés de gestion d’investir via des obligations convertibles serait à leurs yeux un catalyseur, car les particuliers pourraient alors profiter du dynamisme des valeurs moyennes tout en bénéficiant de la sécurité associée aux placements obligataires.

Commentaires (2)
  • guy-da
    guy-daposté le 14.01.2015 à 09:03

    il ne faut pas non plus oublier la tentative de taxation rétroactive du PEA faite en octobre 2013, qui a du laisser dubitatif

  • ach4
    ach4posté le 06.01.2015 à 23:55

    Vous en connaissez beaucoup des convertibles cotées (précision importante )concernant les valeurs éligibles au PEA PME ?
    Les doigts de la main , guère plus !
    Que cela incite aux émissions futures de tels produits serait par contre un bien mais les banques refusent d'émettre de tels outils pour les très petites entreprises (< 100m€ )

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