Les investisseurs particuliers plébiscitent la gestion passive

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Selon une étude de Natixis Global AM, ils lui accordent de nombreux avantages. La société de gestion pointe une vision erronée. Mais le propos mérite d’être nuancé…

Reuters

La percée des ETF induirait-elle en erreur les investisseurs particuliers ? C’est ce que laisse entendre une étude de Natixis Global Asset Management (NGAM), menée auprès de 7.000 personnes dont 400 Français. Elle révèle notamment que 60% des particuliers français pensent que les fonds indiciels et les ETF sont moins risqués. Pour 58%, la gestion passive peut aussi les aider à minimiser leurs pertes et pour 54% elle a aussi l’avantage d’offrir une meilleure diversification.

Deux visions opposées

Pour NGAM, cela montre que les particuliers ont « une perception erronée de la gestion passive ». Pour appuyer son propos, la société de gestion met en parallèle cette étude  et les enquêtes récentes menées auprès de professionnels de la gestion. Elle indique que « ces derniers privilégient la gestion active pour tirer parti des mouvements de marché, générer de l’alpha et améliorer le profil de rendement/risque de leur portefeuille sur le long terme ».

Il est vrai qu’en matière de diversification, la gestion passive n’est certainement pas l’option optimale. Pour autant, les particuliers ont-ils totalement tort ? L’étude de NGAM compare deux perceptions de la gestion. Or, on peut se demander si l’opinion des professionnels sur la gestion active n’est pas également trop « idéalisée »…

Dans l’absolu, la gestion active permet en effet de diversifier un portefeuille et de piloter finement le couple rendement/risque. Mais qu’en est-il dans la pratique ? Une étude récente de Morningstar incite en tout cas à la prudence.

Une gestion active pas toujours très active

La société a passé en revue 456 fonds européens présentés comme « actifs » et a évalué leur degré de gestion active. Or, la conclusion est relativement sévère puisque 20% de ces fonds se contentent en fait de reproduire très largement leur indice de référence. Cette part de « fausse gestion active » monte même à 50% en Suisse (contre 19% en France).

Ceci apparaît d’autant plus gênant que la gestion active est généralement plus coûteuse en frais. Morningstar en est même venu à se demander si certains investisseurs ne payaient pas une gestion passive au prix d’une gestion active.

L’argument du coût

Au vu de ces éléments, on peut donc comprendre l’intérêt de plus en plus marqué des particuliers pour la gestion passive, surtout que cette dernière a aussi l’avantage de réduire l’enveloppe de frais.

Dans une période de chasse aux frais (qu’ils concernent la souscription ou la gestion), la gestion passive bénéficie là d’un argument de poids, notamment via les ETF. Certes, certains particuliers sont encore prêts à payer des frais élevés pour une gestion plus active. Mais il faut alors que la performance le justifie…

Commentaires (1)
  • SylvainM
    SylvainMposté le 13.07.2016 à 00:44

    Très bon article M Decarre. En ayant mené notre propre étude en interne, prenant en compte 10 ans de données, nous pensons même que le "closet indexing" ou la gestion passive déguisée équivaut à bien plus que 19% des fonds Français. Si on ajoute à cela des frais souvent prohibitifs il est sûr que la gestion active n'est pas aidée...Par contre dès que l'on commence à regarder du côté des bons gérants (talentueux, ne se contentant pas de reproduire un indice et pratiquants des frais honnêtes), la gestion active semble encore avoir de beaux jours devant elle.

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