Investissement forestier : les petites surfaces ont la cote

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Les prix des biens de moins de 10 hectares ont grimpé de 9% en un an à 3.870 euros l’hectare. Il faut dire que ce type d’investissement attire désormais de nombreux particuliers

L’investissement forestier retrouve des couleurs. L’an passé, les prix à l’hectare ont augmenté en moyenne de 2,8% à 4.040 euros, selon le baromètre de la Fédération National des Safer (FNS) et de la Société Forestière.

Une progression de 16% en 3 ans

Mais ce qui retient l’attention dans les chiffres, c’est avant tout le dynamisme des petites parcelles. Certes, à 3.870 euros l’hectare (ha), les biens de moins de 10 (ha) restent moins chers que la moyenne. Il n’empêche que leur prix a grimpé de 9% par rapport à 2014. En progression depuis 3 ans (+16%), les prix des forêts de moins de 10 ha sont même aujourd’hui supérieurs à ceux des forêts de 10 à 25 ha (3.530 euros).

Ce fort intérêt des investisseurs pour les petites surfaces se retrouve d’ailleurs dans les volumes de transactions. En 2015, le baromètre en a recensé 16.040, soit 6,4% de plus qu’en 2014.

Certes, la hausse modérée de prix du bois (+1,4%) n’a pas vraiment été un facteur de soutien. En revanche, les auteurs du rapport soulignent l’importance de la recherche de bois de chauffage (par les particuliers) dans le succès des petites surfaces, la plupart des acquéreurs habitant en effet à proximité du bien.

La FNS et la Société Forestière mettent aussi en avant la faiblesse des taux d’intérêt pour expliquer la bonne tenue des prix.

Promesse de rendement et fiscalité attractive

Il faut dire que la forêt peut être un investissement rentable. Outre la perspective de plus-value à la sortie, une forêt offre aussi un rendement annuel. Qu’il le conserve pour son usage personnel ou qu’il le vende, le propriétaire peut mettre à profit le bois coupé, selon le rythme de croissance des arbres.

Dans un entretien accordé en 2013 à L’Argent & Vous, Jean-Philippe Roux, un agent immobilier spécialisé dans les forêts, avait donné quelques repères. Sur du chêne, le rendement est de 1,5% à 3%. Mais avec des pins Douglas, il peut grimper à 8%... avec en plus des exonérations fiscales.

C’est en effet l’un des grands avantages de l’investissement forestier. Son cadre fiscal est particulièrement avantageux. Le produit des coupes est exonéré d’impôt et donne ainsi un rendement net.

L’investissement offre aussi une exonération d’ISF à hauteur de 75% du montant engagé (avec une limite de 50.000 euros). Enfin, la transmission est également facilitée par un abattement spécifique.

Un marché complexe

Si la perspective de rendement et la fiscalité ont de quoi attirer l’attention, il est tout de même important de rappeler que l’investissement forestier ne doit pas s’envisager à la légère. De nombreux critères sont à prendre en compte comme l’essence plantée, le cubage estimé, le rythme de croissance ou encore la localisation.

Les prix peuvent ainsi faire le grand écart selon les caractéristiques des parcelles : de 650 euros au minimum jusqu’à plus de 11.700 euros par hectare.

Par ailleurs certains risques doivent être pris en compte (climat, maladies…). Mieux vaut donc se documenter en amont ou se faire accompagner par un professionnel.

En retour, l’investisseur forestier peut avoir la satisfaction de détenir un actif tangible, c’est-à-dire un placement plaisir dépassant le cadre du simple produit financier.

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