Financement participatif : des abus selon l’UFC-Que Choisir

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L’association reproche à certaines plateformes un manque de clarté en matière d’information sur les risques et les rendements. Elle demande à l’ACPR et aux pouvoirs publics de réagir.

Reuters

« Des placements risqués au potentiel moindre que le Livret A ? ». Dès le titre de son étude, l’UFC-Que Choisir donne le ton. Après avoir mené l’enquête sur les techniques commerciales des acteurs financement participatif, l’association se montre en effet très critique sur plusieurs points, parlant même d’ « abus ».

Une sélection insuffisante

Le premier reproche adressé aux plateformes concerne la sélection des dossiers. Les plateformes étant rémunérées à la commission, l’UFC-Que Choisir juge qu’elles sont incitées à proposer un maximum de dossiers, au détriment de la qualité. Ainsi, parmi les entreprises financées, 8% de celles qui y sont en théorie obligées ne publient pas leurs comptes. Et dans ces sociétés, 42% des prêts sont en défaut.

Des risques minimisés

L’association alerte aussi sur les risques. Elle évoque par exemple le cas d’Unilend qui communiquait en 2014 sur un taux de défaut annuel de 1% à 2% (une référence implicite au taux de défaut des PME). Or, d’après ses propres estimations, le taux de défaut cumulé sur une période de 3 ans serait plutôt voisin de 10%.

Une information incomplète

L’information délivrée n’est pas non plus exempte de critiques. « Moins d’une plateforme sur quatre évalue la capacité de financement des consommateurs » et « moins de 20% publient un rapport annuel », indique le communiqué.

Par ailleurs, les indicateurs de risque sont qualifiés de « sous-estimés » chez 5 acteurs. Il s’agit des montants en défaut depuis plus de 2 mois (en %). L’écart va de 1 à 6 points entre les taux annoncés et ceux qu’a calculés l’association.

Des rendements surestimés

Les promesses de rendement vont jusqu’à 7%. Or, d’après les travaux de l’UFC sur 789 projets, le rendement moyen en tenant compte des défauts et de la fiscalité ne serait compris qu’entre 0,33% et 1,6%, selon les scénarios. Soit moins qu’avec un Livret A dans certains cas.

Des clauses illicites

Enfin, sur le plan juridique, l’association reproche à 6 plateformes d’utiliser des clauses qui les exonèrent de responsabilité que ce soit sur le fonctionnement du site ou l’exactitude des informations publiées.

Les pouvoirs publics alertés

Face à ce constat, l’UFC-Que Choisir demande à 6 plateformes de retirer de leurs conditions générales les clauses considérées comme abusives. Elle demande aussi à l’ACPR de veiller à ce que les plateformes respectent leurs obligations et presse les pouvoirs publics de légiférer afin de contraindre les acteurs à communiquer des perspectives de rendement réalistes.

Commentaires (1)
Epargne
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