Crowdfunding immobilier : pas de rendement sans risque !

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Les déboires du groupe Terlat viennent rappeler aux investisseurs que toute promesse de rentabilité élevée suppose un risque de perte en capital

Fédération Française du Bâtiment

Depuis son émergence il y a environ 3 ans, le crowdfunding immobilier n’a pas connu d’accident majeur. De nombreux projets ont ainsi permis aux investisseurs de sortir avec un joli gain à la clé (souvent proches de 10% bruts). Mais un grain de sable vient de se glisser dans la mécanique.

La maison-mère ainsi qu’une filiale du groupe Terlat ont été placées en redressement judiciaire en début d’année. Or, ce groupe même groupe Terlat est à l’origine de 6 opérations de financement participatif (2 via Wiseed et 4 via Anaxago), pour un total de 2,8 millions d’euros. De quoi inquiéter les investisseurs.

D’ailleurs le site Hellocrowdfunding.com rappelle que 3 de ces projets sont en retard, la date de remboursement n’ayant pas été effectuée à la date convenue (par exemple en septembre dernier pour l’un d’entre eux).

Un risque pour l’heure limité

Les particuliers ayant apporté leur soutien au groupe pourraient-ils y laisser une part de leurs économies ? Sur son site, la plate-forme Anaxago se veut pour l’heure rassurante. Elle rappelle que les investissements ont été effectués via des sociétés dédiées (des SCCV) qui ne sont pas concernées par la procédure de redressement. De surcroît, ces sociétés ont des garanties étant détentrices des actifs immobiliers financés.

Anaxago reconnaît cependant que ces turbulences pourraient avoir un impact sur la marge et la date de livraison des programmes en cours, notamment parce que l’une des sociétés en difficulté est un fournisseur de matériaux de construction pour les projets en cours.

Un risque de perte en capital n’est donc pas totalement à exclure, même si Anaxago ne l’envisage pas pour l’instant du fait des protections en place.

Prime de risque

Cette affaire a en tout cas le mérite de rappeler aux investisseurs que les rendements miraculeux n’existent pas. Dans une période où les taux sans risque se situent en dessous de 1%, des promesses de rendement d’environ 10% imposent bien entendu une prise de risque (celui du défaut de la contrepartie).

L’AMF a pris l’habitude d’informer les particuliers, notamment en matière d’actifs alternatifs. Mais il n’est pas inutile de rappeler que ce raisonnement vaut pour tous les types d’investissements, y compris le crowdfunding. Notons d’ailleurs qu’en matière de placement, l’écart entre le rendement proposé et le taux sans risque est appelé « prime de risque ». Ce surplus de performance offert a donc clairement pour but de rémunérer le niveau de risque pris par l’investisseur.

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